Frank_Viola_Croyances choquantes de Jean Calvin

Frank_Viola_Croyances choquantes de Jean Calvin

 

 « Le plus grand défi de la dévotion à Jésus c’est le service qui Lui est dû. Il n’est jamais question de ‘faire, faire’ avec le Seigneur, mais d »être, être’ et Il va ‘faire’ à travers vous. La seule façon de rester fidèle à Dieu c’est par un refus obstiné de s’intéresser à l’œuvre chrétienne et de s’intéresser seulement à Jésus-Christ « .

~ Chambers Oswald

Si vous découvrez la série « Croyances choquantes », je vais ouvrir ce billet en citant la préface du premier épisode sur les croyances choquantes de C.S. Lewis.

Cela explique pourquoi – précisément – je produis cette série.

Un auteur chrétien bien connu que je respecte beaucoup m’a encouragé à commencer une série sur les croyances choquantes de certains des grands chrétiens qui ont eu une forte influence sur l’histoire de l’église.

Chaque disciple de Jésus est un brouillon. Au fil du temps, le grand éditeur – le Saint-Esprit – façonne nos vies et nos points de vue. Mais jusqu’à ce que nous voyons le Seigneur et « connaissions comme nous avons été connus », nous sommes dans un processus.

C’est également vrai pour les chrétiens qui nous ont précédés.

Par conséquent, l’une des erreurs dont nous devons nous prémunir est de rejeter toute la contribution d’une personne parce qu’elle peut défendre (ou avoir défendu) des idées que nous trouvons dures à avaler.

Personnellement, si j’avais exigé que l’opinion de quiconque sur tous les sujets possibles soit identique à la mienne comme condition pour être aidé, c’est que, m’étant trouvé il y a 20 ans, j’aurais à m’excommunier moi-même!

La vérité est que mes opinions sur certains sujets ont changé au fil des ans.

Il en est de même des vôtres.

Une remarque: nous sommes tous dans un processus. Aucun d’entre nous n’a raison sur tout tout le temps. Cela vaut pour tout chrétien qui ait jamais vécu.

Ainsi  en mettant en évidence quelques-unes des « croyances choquantes » de ceux sur les épaules desquels nous nous tenons tous, mon but n’est  pas  de brûler l’effigie de ces gens. Pas plus que de rejeter leur contribution positive à l’histoire de l’église.

Il s’agit plutôt de démontrer que même s’ils ont défendu des opinions qui feraient dresser les sourcils de la plupart des évangéliques aujourd’hui, cela ne bouleverse ni ne nie les idées précieuses qu’ils ont apportées au corps du Christ.

Malheureusement, beaucoup d’évangéliques sont prompts à déprécier – voire maudire – leurs frères et sœurs en Christ pour des offenses doctrinales présumées, même si ces frères et sœurs sont attachés aux credos orthodoxes historiques (Confession des Apôtres, Symbole de Nicée, etc.). Pareilles déconsidération et  damnation peuvent toujours être évitées et cela ne profite à personne dans le Royaume.

Lorsqu’il y a de la diversité dans l’orthodoxie, la grâce doit être manifestée.Tout comme nous voudrions que la grâce nous soit manifestée, puisque aucun d’entre nous ne voit parfaitement (Matthieu 7:12).

Les paroles de Paul de Tarse sont foudroyantes pour nous tous: « c’est partiellement que nous connaissons. . . » (1 Corinthiens 13: 9, AlR).

Notez que ces croyances seront « choquantes » pour certains évangéliques, mais pas tous. Certains évangéliques affirment qu’ils ne sont pas choqués ou surpris par quoi que ce soit.

Aujourd’hui, nous allons nous pencher sur certaines des croyances choquantes de Jean Calvin.

Jean Calvin

Calvin est l’un des pères fondateurs du protestantisme et quelqu’un qui a encore d’innombrables adeptes aujourd’hui. Salué comme un maître théologien, les écrits du réformateur français sont encore d’actualité au 21e siècle.

Calvin était un réformateur de deuxième génération, étant de 26 ans plus jeune que Luther. Avocat de formation, il possédait un esprit vif. Dans tous les sens, Calvin était un intellectuel.

Il a écrit la version originale de sa célèbre Institution de la religion chrétienne quand il avait à peine 27 ans, la mettant à jour tout au long de sa vie. (Certains considèrent l’Institution comme l’ouvrage théologique le plus influent de l’histoire.)

Calvin a quitté l’Eglise catholique romaine en 1530 et a rejoint la Réforme en 1537.

Que vous soyez d’accord avec le système théologique de Calvin ou non, il ne fait aucun doute que Jean Calvin a laissé une marque indélébile sur le christianisme d’aujourd’hui, en particulier l’évangélisme étasunien.

Et comme tous les chrétiens très influents, Calvin a été salué et acclamé, aimé et détesté, adoré et abhorré.

Par exemple. . .

« Parmi tous ceux qui sont nés de femmes, il n’y en a point de plus grand que Jean Calvin; aucune époque avant lui n’a jamais produit son égal, et aucune époque après lui son rival. En théologie, il a une place à part, brillant comme une étoile fixe lumineuse, tandis que d’autres dirigeants et enseignants ne peuvent que se tenir en cercle autour de lui, à une grande distance – comme les comètes se meuvent à travers l’espace – n’ayant rien de semblable à sa gloire ou sa permanence « . . . « plus je vis plus il est clair que le système Calviniste est le plus proche de la perfection. »

~ Charles Spurgeon

 

« Calvin était le dictateur cruel et sans opposition de Genève. »

~ Le Dictionnaire Oxford de l’Église chrétienne

 

« Compte tenu de tous ses défauts, il doit être compté comme l’un des plus grands et des meilleurs parmi les hommes que Dieu a suscités dans l’histoire du christianisme. »

~ Philip Schaff

 

« Le célèbre Calvin que nous considérons comme l’apôtre de Genève s’est élevé au rang de pape des protestants. »

~ Voltaire

Calvin travaillait 12 à 18 heures par jour comme prédicateur, administrateur, professeur de théologie, surintendant des églises et écoles, conseiller, et régulateur de la moralité publique et du culte.

Il est mort à l’âge de 54 ans. Mais il était incroyablement productif. Prolifique depuis le début de sa vingtaine, Calvin prêchait une moyenne de cinq sermons par semaine et il a écrit un commentaire sur presque tous les livres de la Bible.

Ce qui suit n’est pas destiné à débattre de l’éthique ou de la véracité théologique de Calvin. Au lieu de cela, il s’agit de (je me répète ici) montrer que tous les gens qui ont influencé l’église de Jésus-Christ étaient attachés à quelques surprenantes, voire choquantes croyances.

Par conséquent, nous, les chrétiens devrions être beaucoup plus tolérants envers ceux avec qui nous pouvons être en désaccord.

Attention: Si vous osez lire la suite, s’il vous plaît lisez la totalité du billet. Surtout la section « Ne passez pas à côté de l’essentiel » en bas.

1. Calvin croyait que l’exécution des hérétiques impénitents était justifiée.

L’exemple le plus connu est quand Calvin consentit à l’exécution de Michel Servet, un homme qui niait la Trinité et le baptême des enfants. Servet brûla pendant une heure simplement en raison de ses points de vue théologiques.

Les supporteurs de Calvin sont prompts à souligner que le grand réformateur n’a pas exécuté l’homme directement. Il essaya même de persuader Servet de ne pas venir à Genève. Calvin essaya également d’obtenir le repentir de Servet et chercha à obtenir qu’il lui fût accordé une exécution plus humaine (qui était la décapitation au lieu du bûcher).

Même ainsi, Calvin a fait cette remarque au sujet de Servet, montrant qu’il croyait que la mort pour hérésie était justifiable.

« Mais je ne veux pas engager ma parole. Car s’il venait [à Genève], autant que mon autorité ait quelque valeur, je ne souffrirais pas qu’il en sorte vivant. » [1]

Au cours du procès de Servet, Calvin a fait remarquer:

« J’espère que la peine sera capitale. » [2]

Neuf ans après l’exécution de Servet, Calvin fit ce commentaire en réponse à ses détracteurs: « Servet a subi la peine en raison de ses hérésies, mais a-t-elle été de ma volonté? Certainement son arrogance l’a détruit pas moins que pour son impiété. « [3]

Calvin est également cité comme ayant dit: « Quiconque soutiendra qu’on fait tort aux hérétiques et blasphémateurs, les punissant, se rendra à son escient coupable et complice d’un tel crime. On ne nous propose point ici l’autorité des hommes, c’est Dieu qui parle, et voit-on clairement ce qu’il veut qu’on garde en son Église jusques en la fin du monde… ». [3a]

Que vous soyez d’accord avec le point de vue de Calvin ou que vous défendiez ses actions parce qu’il était « un homme de son temps, » de nombreux chrétiens trouvent choquante l’idée d’exécuter les hérétiques.

Ceci nous amène à une autre remarque pour un autre billet, mais envisagez un instant l’idée que le meurtre soit légal à notre époque.

S’il l’était, je pense que nous aurions beaucoup de chrétiens morts qui perdraient la vie du fait d’autres chrétiens pour des offenses doctrinales.

Si vous pensez que j’ai tort, regardez juste la hargne et la haine dans de nombreux forums « chrétiens » en ligne  comme ils se matraquent verbalement sur les interprétations théologiques.

En plus de Servet, Jérôme Bolsec fut arrêté et emprisonné pour avoir contesté Calvin lors d’une conférence, puis banni de la ville. Calvin a écrit en privé sur la question en disant : « j’eusse voulu qu’il [Bolsec] fut pourri en quelque fosse » . [4]

Jacques Gruet était aussi un homme qui était en désaccord avec Calvin. Il considérait Calvin comme un ambitieux hypocrite et hautain. Les administrations de Genève torturèrent Gruet deux fois par jour jusqu’à ce qu’il avoue, et avec l’accord de Calvin, Gruet fut attaché à un poteau, ses pieds cloués au poteau, et sa tête coupée pour blasphème et rébellion.

Pierre Ameaux fut accusé de diffamer Calvin lors d’un rassemblement privé. Il devait payer une amende, mais Calvin n’était pas satisfait de la peine, de sorte que Ameaux passa deux mois en prison, perdit son emploi et fut exhibé à travers la ville à genoux pour confesser sa diffamation, et paya également pour les frais du procès. [5]

2. Calvin croyait que l’Eucharistie donne l’assurance incontestable du salut.

Ressemblant à l’optique catholique romaine, Calvin a déclaré que le sacrement de l’Eucharistie accordait l' »assurance indubitable de la vie éternelle à nos esprits, mais garantissant également l’immortalité de notre chair. » [6]

3. Calvin croyait que l’Église réformée (son église) était la véritable Église et il n’y avait pas de salut en dehors de celle-ci.

Calvin persuada un anabaptiste nommé Herman de quitter les anabaptistes (qu’il considérait comme une secte), et de rejoindre l’église réformée. Il écrivit ce qui suit, qui a une résonance étonnante avec la façon dont les catholiques de l’époque parlaient de l’Eglise catholique romaine:

« Herman est, si je ne m’abuse, de bonne foi retourné à la communion de l’Église. Il a avoué que hors de l’Église il n’y a point de salut, et que la véritable Eglise est avec nous. Par conséquent, c’était une défection quand il appartenait à une secte séparée d’elle « . [7]

4. Calvin croyait qu’il était acceptable de fustiger ses adversaires les affublant de noms vicieux.

Calvin a traité ses critiques avec mépris, les qualifiant de « porcs », « ânes », « racaille », « chiens », « idiots » et « bêtes puantes ». Dans cette veine, Calvin a dit du grand dirigeant anabaptiste, Menno Simons : « Rien ne pourrait être plus fier, ni plus impudent que cet âne. » [8]

5. Calvin croyait que les peines capitales de l’Ancien Testament devraient être appliquées aujourd’hui.

La ville de Genève était gouvernée par le clergé, qui était composé de cinq pasteurs et douze laïcs anciens choisis par le Conseil de Genève. Mais la voix de Calvin était la plus influente dans la ville.

Voici quelques lois et faits au sujet de Genève sous l’autorité de Calvin:

* Chaque ménage devait assister à l’office du dimanche matin. S’il y avait prédication en semaine, tous devaient y participer également. (Il y avait seulement quelques exceptions, et Calvin prêchait trois à quatre fois par semaine.)

* Si quelqu’un venait à l’office après que le sermon avait commencé, il était averti. S’il continuait, il aurait à payer une amende.

* L’hérésie était considérée comme une insulte à Dieu et une trahison à l’Etat et était punie de mort.

* La sorcellerie était un crime puni de mort. En un an, 14 présumées sorcières furent envoyées au bûcher sous l’accusation qu’elles avaient convaincu Satan d’affliger Genève avec la peste.

* Le clergé devait s’abstenir de chasse, de jeu, de fête, de commerce, de divertissements profanes, et devait accepter des visites annuelles et des examens moraux par les supérieurs de l’église.

* Les jeux d’argent, les jeux de cartes, la fréquentation des tavernes, la danse, les chansons impies ou impudiques, l’impudeur dans la vêture étaient interdits.

* La couleur et la quantité autorisée de vêtements et le nombre de plats admissibles à un repas étaient précisées par la loi.

* Une femme fut emprisonnée pour avoir arrangé ses cheveux à une « hauteur immorale. »

* Les enfants devaient recevoir comme prénoms l’appellation de personnages de l’Ancien Testament. Un père rebelle a servi quatre jours en prison pour avoir persisté à nommer son fils Claude au lieu d’Abraham.

* Parler irrévérencieusement de Calvin ou du clergé était un crime. Une première violation était punie par une réprimande. D’autres violations par des amendes. Les violations réitérées étaient frappées d’emprisonnement ou d’exil.

* La fornication était punie par l’exil ou la noyade.

* L’adultère, le blasphème, et l’idolâtrie étaient punis de mort.

* Dans l’année 1558-1559, il y eut 414 poursuites pour des infractions morales.

* Comme partout au 16e  siècle, la torture était souvent utilisée pour obtenir des aveux ou des preuves.

* Entre 1542-1564, il y eut 76 exils. La population totale de Genève était alors de 20 000 âmes.

* La propre belle-fille de Calvin et son gendre furent parmi ceux qui furent condamnés pour adultère et exécutés.

* A Genève, il y avait peu de distinction entre la religion et de la morale. Les annales existantes du Conseil pour cette période révèlent un pourcentage élevé d’enfants illégitimes, d’enfants abandonnés, les mariages forcés, et des peines de mort. [9]

* Dans un cas, un enfant fut décapité pour avoir frappé ses parents. [10] (Selon la loi Mosaïque de l’Ancien Testament, Calvin croyait qu’il était scripturaire d’exécuter les enfants rebelles et ceux qui commettent l’adultère.) [10a]

* En l’espace de 17 ans, lorsque Calvin dirigeait Genève, il y eut 139 exécutions enregistrées dans la ville. [11]

Sabastian Castellion, un ami de Calvin qui l’a exhorté à se repentir de son intolérance, a fait cette remarque choquante:

« Si le Christ lui-même venait à Genève, il serait crucifié. Car Genève n’est pas un lieu de liberté chrétienne. Il est dirigé par un nouveau pape [Jean Calvin], mais un qui brûle des hommes vivants tandis que le pape à Rome les étrangle d’abord ». [12]

Castellion a également fait cette remarque:

« Pouvons-nous imaginer le Christ ordonnant qu’un homme fût brûlé vif pour avoir défendu le baptême des adultes? Les lois mosaïques appelant à la mort de l’hérétique ont été supplantées par la loi du Christ, qui est une loi de miséricorde et non du despotisme et de la terreur « . [12a]

6. Calvin croyait que le peuple juif étaient impie, malhonnête, n’avait pas le sens commun, était avide, et devrait périr sans pitié.

Calvin a écrit: « J’ai eu beaucoup de conversations avec de nombreux Juifs: je n’ai jamais vu soit une goutte de piété ou une once de vérité ou d’ingénuité – que dis-je, je n’ai jamais trouvé de bon sens dans aucun Juif » [13]

Calvin est également cité comme ayant appelé les Juifs des « chiens profanes » qui « sous le prétexte de la prophétie, dévorent bêtement toutes les richesses de la terre avec leur cupidité effrénée. » [14]

Il a également déclaré que « détestable et inflexible roideur de cou mérite qu’ils soient opprimés interminablement et sans mesure ou sans fin et qu’ils meurent dans leur misère sans la pitié de personne. » [15]

7. Calvin croyait que Dieu n’a pas créé tous les êtres humains sur un pied d’égalité, mais a créé certaines personnes pour la damnation éternelle.

Cette idée est connue comme « la double prédestination. » Selon ce point de vue, Dieu prédestine certains au salut et d’autres à la destruction. Quand bien même cette idée ne sera pas choquante pour certains chrétiens, en particulier les calvinistes, l’idée que Dieu a sciemment créé certains individus afin de les détruire éternellement à la fin est choquante pour de nombreux croyants.

Selon Calvin, « la prédestination par laquelle Dieu adopte certains à l’espoir de la vie, et adjuge les autres à la mort éternelle, aucun homme vraiment pieux ne se hasarderait à simplement la nier . . . Par la prédestination, nous entendons le décret éternel de Dieu, par lequel il a décidé avec lui-même ce qu’il voulait qu’il arrive à chaque homme. Tous ne sont pas créés sur un pied d’égalité, mais certains sont prévus pour la vie éternelle, d’autres pour la damnation éternelle; et, en conséquence, comme chacun a été créé pour l’une ou l’autre de ces fins, nous disons qu’il a été prédestiné à la vie ou à la mort. « [16]

Le chapitre 21 du livre III de Jean Calvin  L’Institution de la religion chrétienne  a pour sous-titre « De l’élection éternelle, par laquelle Dieu a prédestiné certains au salut, et d’autres à la destruction. »

Ne passez pas à côté de l’essentiel

Maintenant, avant que quelqu’un n’ait une crise d’apoplexie avec de l’animosité envers Calvin, voici un commentaire à garder à l’esprit à propos de ce billet- et tous les autres dans cette série – par un historien. Je lui ai demandé d’examiner le billet pour son exactitude, avant sa publication.

Je suis entièrement d’accord avec sa remarque sur le contexte, aussi voudriez-vous  mettre tout ce qui précède en perspective.

« Ceci est un billet convaincant et bien documenté. Je me demande s’il est besoin d’un contexte additionnel; c’est à peu près l’époque de l’Inquisition espagnole, par exemple, et Servet força délibérément la main de Calvin en venant à Genève. Calvin l’engagea à renoncer à ses erreurs et lui envoya une copie de L’Institution (à son détriment personnel- les livres étant des denrées rares à l’époque) et dialogua avec lui. Il démontra des soins pastoraux à cet égard.

Genève était un lieu régi par la loi, voire la loi théologique, mais ainsi étaient la plupart de toutes les autres villes européennes. Ce n’était pas une époque agréable. C’était rude. La vie, comme disait Hobbes, était désagréable, brutale et courte. La Genève de Calvin fournissait toutes sortes d’aide pastorale à la ville, et la ville prospéra sous Calvin. C’était aussi un lieu de refuge pour les protestants de toute l’Europe. Genève n’était pas l’exception en ayant des dispositions légales communales difficiles. C’était la règle. La Calvin’s Company of Pastors (Compagnie des Pasteurs de Genève sous Calvin) de Scott Manetsch a une tonne de bonnes connaissances qui pourraient être utiles ici.  »

~ Owen Strachan, Maître de conférences en théologie chrétienne et histoire de l’Église à La Southern Baptist Theological Seminary et Boyce College.

Encore une fois, comme dans tous les billets de cette série, le but n’est pas de mettre les plus grands chefs de file de la foi chrétienne sous un éclairage néfaste ou de déconsidérer leur héritage.

C’est plutôt le contraire.

C’est pour montrer que même les chrétiens les plus influents qui ont changé la vie d’innombrables personnes en bien- Calvin étant l’un d’entre eux – croyaient des choses qui étaient étonnantes, choquantes, et même scandaleuses.

Alors, montrez-vous prudent la prochaine fois que vous rencontrez un autre adepte de Jésus qui ne partage pas toutes vos croyances sur chaque point de doctrine.

Et quand vous êtes tenté de le faire griller lentement à la broche en raison de sa « mauvaise théologie », souvenez-vous de Jean Calvin – l’homme dont Charles Spurgeon disait qu’il avait une théologie presque parfaite – et considérez certaines des autres choses que le grand réformateur croyait.

f.v.

[1] Bonnet et Gilchrist,  Letters of John Calvin: Compiled From the Original Manuscripts and Edited With Historical Notes (Lettres de Jean Calvin: D’après les manuscrits originaux et édités avec Notes historiques) , 02:19.

[2] http://www.the-highway.com/servetus_Boettner.html

[3] La réponse au forçat Baldwin, Opera 9. 575: Responsio ad Balduini Convicia, Opera, IX. 575: “Iustas quidem ille poenas dedit: sed an meo arbitrio? Certe arrogantia non minus quam impietas perdidit hominem. Sed quodnam meum crimen, si Senatus noster mea hortatu, ex plurium tamen ecclesiarum sententia, exsecrabiles blasphemias ultus est? Vituperet me sane hac in parte Franciscus Balduinus, modo Philippi Melanchthonis iudicio posteritas mihi gratitudinem debeat, quia tam exitiali monstro ecclesiam purgaverim. Senatum etiam nostrum, sub cuius ditione aliquando vixit, perstringat ingratus hospes: modo idem Philippus scripto publice edito testetur dignum esse exemplum quod imitentur omnes christiani principes.”cité dans.http://www.ccel.org/a/schaff/history/8_ch16 .htm

[3a]Schaff. Cité dans http://www.ccel.org/ccel/schaff/hcc8.iv.xvi.xxii.html

[4] Lettre à madame de Cany , 1552. Voir aussi The Secret of the Strength (Le secret de la Puissance) par Peter Hoover. Bolsec pensait que l’avis de Calvin sur la prédestination faisait de Dieu l’auteur du mal.

[5] The Constructive Revolutionary (Le révolutionnaire constructive) par Fred Graham, pp 162-169. Will Durant, The Reformation (La Réforme), p. 479.

[6] Institution de la religion chrétienne, 4.17.32..

[7] Les lettres de Jean Calvin , trad. M. Gilchrist, éd. J.Bonnet, New York: Burt Franklin, 1972, I: 110-111.

[8] Philip Schaff se sert des sources en français, etc. dans son Histoire de l’Église chrétienne , tome VIII, p. 594 sqq. Schaff cite ses sources. Pour la citation sur Menno Simons, voir The Secret of the Strength (Le secret de la Puissance) par Peter Hoover, p. 63; Calvin, IV, 176;EDH XII, 592.

[9] Toutes les informations ci-dessus sur Genève peuvent être trouvés dans Will Durant, The Reformation (La Réforme) , pp. 472-476. Durant cite ses sources. Voir aussi Calvin’s Geneva: An Experiment in Christian Theocracy (La Genève de Calvin: une Expérience de théocratie Christienne – publié dans The Radical Resurgence (La résurgence Radicale ) et Calvin’s Geneva: Applied Critical Thinking (La Genève de Calvin:  Pensée critique appliquée – publié dans The Radical Resurgence

[10] Fear of the Word (La peur de la Parole) par Eli Oboler, pp. 60-62.

[10a] Voir http://etb-history-theology.blogspot.com/2012/03/execution-of-child-and-adulterers-in.html

[11] The Church Polity of John Calvin (La politique ecclésiale de Jean Calvin) par Harro Hopfl, p. 136.

[12] Cité dans How the Idea of Religious Toleration Came to the West (Comment l’idée de la tolérance religieuse venue en Occident) par Perez Zagorin.

[12a] Will Durant, The Reformation (La Réforme) , p. 486.

[13] Le commentaire de Calvin de Daniel 2: 44-45 traduit par Thomas Myers, Commentaires de Calvin. Grand Rapids, MI: Eerdmans, 1948, cité dans Lange van Ravenswaay 2009, p. 146

[14] Cité dans Essential Papers on Judaism and Christianity in Conflict (Articles essentiels sur le judaïsme et le christianisme en conflit) par Jeremy Cohen.

[15] A Response To Questions and Objections of a Certain Jew (Une réponse aux questions et objections d’un certain Juif) (Ad quaestiones et objecta Judaei cuiusdam responsio).

[16] L’Institution de la religion chrétienne,  3.21.5. Il convient de noter que de nombreux calvinistes rejettent la double prédestination. Par exemple, Spurgeon et Siméon ont rejeté ce point de vue.

Lien essentiel: Honorer ceux avec qui vous n’êtes pas d’accord

 

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Quand, enfant, je regardais les films Westerns, ou que je lisais les fumetti (Tex Willer, Yuma, Rodeo,  etc.) je m’identifiais, moi Africain, aux Cow-boys de souche européenne, aux Rangers, aux Tuniques bleues, mais jamais aux Indiens, les natifs en butte aux mœurs, aux ambitions et à la cruauté sans limite des Européens.

Quand, ayant reçu le catéchisme catholico-protestant, je me suis plongé dans les récits de la Bible, comme pour les Westerns, je me suis mis dans la peau des Israélites conquérants, triomphant des peuples natifs habitant Canaan. L’esprit travaillé par l’identification aux Israélites et leurs vaillants héros, je n’avais jamais sourcillé en lisant les exploits de Yehoshua (Josué) massacrant, torturant, exterminant les indigènes de Canaan. Le récit biblique dit que le génocide des indigènes était décret divin: (Deutéronome 20:17 « Car tu dévoueras ces peuples par interdit (extermineras, génocideras), les Héthiens, les Amoréens, les Cananéens, les Phéréziens, les Héviens, et les Jébusiens, comme YeHoWaH, ton Èlohim, te l’a ordonné »)!

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Combien de fois ai-je lu les exploits des Israélites dans le livre des Juges, sans m’émouvoir du traitement infligé à Adoni-Bézek (Juges 1), roi tortionnaire, torturé à son tour par des ambassadeurs d’un Dieu de bonté et de miséricorde? Tous à Aï (Josué 8) n’étaient-ils que des méchants bons pour la boucherie?

Que ce soient les récits de l’Ouest sauvage étasunien, ou de Canaan, la terre promise des Hébreux, ces événements remplis de sang, de cruauté et d’inhumanité appartiennent à un passé qui compose étrangement bien avec le présent. Mais alors, lorsqu’on vient dans ce monde, la mentalité et la personnalité construites et tissées de toutes ces horreurs, avec quoi se bâtit-on un esprit critique?  Afin de prendre la distance qu’il faut en face d’atrocités du passé, fussent-elles perpétrées au nom de YeHoWaH Tzebaot?

Car si les Israélites conquérants exterminaient et massacraient au nom de YHWH Tzebaot, les Européens dans l’Ouest étasunien traitaient les populations indigènes comme de la vermine à éradiquer, armés qu’ils étaient de leur haute mission civilisatrice et de la grande commission donnée aux disciples du Messie des Judéens récoltée dans Matthieu 28:19.

Il suffit, me semble-t-il, de sortir la religion de son esprit. Car il faut beaucoup de religion pour prendre avec autant de légèreté le récit de l’extermination de peuples entiers qui, à l’examen, se sont montrés vis-à-vis de cette divinité hébraïque qu’ils ne connaissaient pas, moins offensants, moins rebelles, moins infidèles que le peuple choisi d’Èlohim: Israël.

La Bible est une collection d’écrits qui manifestent parfois de nombreuses couches d’écriture et de significations, avec une inspiration à géométrie variable; car même en s’identifiant aux Israélites en exil, comment valider la soif de sang contre les ennemis des Yehudim dans le récit d’Esther (Chapitre 9)?

Image associéeY’shua est venu abolir la religion. On peut, même lorsqu’on a sucé la religion avec le lait, en sortir.

Mais le mieux c’est de sortir la religion de son esprit. Celle qui nous pousse à usurper l’identité d’Israélite.

Celle qui nous pousse à rendre beau ce qui est laid aux yeux de tout humain normalement constitué. Car le génocide est une chose foncièrement ancrée au mal, à la méchanceté. C’est moche, c’est caca boudin! Le génocide d’un peuple n’est pas et ne saurait être l’expression du bien et de la bonté.

Il est aussi bon de sortir de notre esprit la religion qui nous pousse à nous sentir meilleurs que les autres.

Celle qui nous pousse à transformer nos vies en représentations permanentes.

Y’shua a aboli la religion. Ce Galiléen à la pensée indépassable a apporté la fin de la vanité de l’élection célébrée en d’interminables cérémonies au Temple de Jérusalem, car il a annoncé la disparition de ce système du ciel et de la terre, disparition survenue en l’an 70.

On peut regarder un Western en distinguant bien le point de vue du récit, son idéologie, son but, ses limites. Lire les Proverbes, les récits post-exiliques de Néhémie et Esdras qui stigmatisent la « femme étrangère » sans distinguer que cette discrimination fondée sur l’élection n’est pas pour ceux qui ont vécu après l’an 70, pour nous aujourd’hui, c’est proprement faire de la Bible un outil d’abêtissement. On peut lire la Bible en distinguant bien son auditoire (ce n’est ni toi ni moi!) en se nourrissant de sa spiritualité, en reconnaissant la centralité du Christ, en distinguant ce qui s’adresse spécifiquement à des Judéens sous la Loi mosaïque, sans non plus singer ceux qu’il a affrontés durant son ministère, les Séparés, les Pharisiens.

Le Western cananéen continue de se jouer dans les esprits de tous ceux qui ont été dressés à se penser Israélites. Que tout un chacun se souvienne de la question éminemment politique des apôtres en Actes 1 : « Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël ? » 

v.7 « Il leur répondit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. »

L’autorité du Père, celui qui opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté, a mis fin à l’organisation tribale de la descendance de Jacob: Matthieu 23:37-38 « Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! Voici, votre maison vous sera laissée déserte« .

Avis à ceux qui veulent habiter la maison laissée déserte: la partie est terminée depuis l’an 70. Le clap de fin pour l’Israël tribale, peuple de Dieu, c’était Tisha B’Av en l’an 70.

Il est temps d’arrêter de faire comme si…

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